Mata Hari
Bonjour, pour ce nouvel article, j'ai choisi de vous raconter l'histoire fascinante de Mata Hari.
Mata Hari, née Margaretha Geertruida Zelle le 7 août 1876 aux Pays-Bas, est l'une des figures les plus énigmatiques du XXe siècle. Son nom est synonyme d'espionnage, de glamour et de mystère. Bien que souvent perçue comme une séductrice, son histoire est bien plus complexe.

Margaretha Geertruida Zelle naît dans une famille aisée. Son enfance est marquée par la faillite de son père et la mort prématurée de sa mère ; le départ de son père avec une autre femme en 1889, suivi du décès de sa mère en 1891, marque la fin de sa vie heureuse. Mais son enfance est aussi marquée par son caractère effronté et son don pour les langues. Comme beaucoup de femmes de cette époque elle comprend rapidement que le seul moyen pour elle d'obtenir ce qu'elle désire est la séduction des hommes (thématique largement abordée et illustrée dans des ouvrages littéraires de l'époque et témoignages.)
Margaretha Geertruida Zelle, est très vite exposée à la sexualité, ainsi elle séduit dès son adolescence vers 14, 15 ans. Raison de son licenciement en tant que surveillante d'école, pour avoir séduit le directeur de l'école en question, âgé de 51 ans.
À l'âge de 18 ans, elle épouse Rudolf MacLeod, un officier militaire néerlandais, et déménage avec lui à Java, dans les Indes néerlandaises (aujourd'hui l'Indonésie). Leur mariage est tumultueux et violent, et après la mort de leur fils aîné, ils se séparent.
Cherchant à reconstruire sa vie, Margaretha s'installe à Paris en 1903. C'est là qu'elle se réinvente en tant que Mata Hari, une danseuse exotique qui prétend être une princesse javanaise formée aux danses sacrées de l'Orient. Son nom de scène, qui signifie « Œil de l'Aube » en malais, ajoute son aura de mystère. Ses performances, mêlant nudité et mouvements suggestifs, captivent les spectateurs et la propulsent au rang de célébrité... Ainsi, Mata Hari devient la femme la plus convoitée de Paris pour ces charmes. Elle fréquente alors des hommes très haut placer et ce fait offrir de nombreux présents tel que des vêtements, des bijoux, des meubles... (Son histoire me rappelle celle de l'héroïne littéraire : Nana, d'Emile Zola)

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Mata Hari se retrouve dans une situation précaire en Allemagne. Elle se retrouve entretenue par ces amants des suites de la perte de son travail au théâtre. Alors elle revient à Paris dans sa maison. Sa nationalité néerlandaise, lui permettant de voyager librement entre les pays belligérants, et ses liaisons avec des officiers militaires de haut rang, la rendant précieuse pour les services de renseignement, c'est pour cela qu'en 1916, elle est approchée par les services secrets allemands et accepte de travailler pour proposer 20 000 francs – l'équivalent de plus de 50 000 euros actuels comme espionne sous le nom de code H21. Cependant, il est important de nuancer qu'elle a affirmé plus tard ne jamais avoir fait ce qui lui avait été demander par le consul honoraire d'Allemagne Karl Kroemer (à l'origine de la demande).
Cependant, ses activités d'espionnage sont entourées de controverses, elle est suspectée partout ou elle se rend, ainsi le Royaume-Uni affirme même ne plus lui octroyer la permission de rentrer au Royaume-Uni. Certains historiens soutiennent qu'elle était une espionne efficace, tandis que d'autres affirment qu'elle était plus une fantasque manipulée par les services secrets des deux camps.
En 1917, la situation de Mata Hari devient critique. Les autorités françaises, suspectant sa double allégeance, ils la suivent sans même qu'elle s'en rendent compte. Ainsi, ils lui tendent un piège l'un de ces amants travaillant pour le bureau d'espionnage, ce qu'elle ignore, lui autorise un laisser passer pour se rendre au prêt de son autre amant, un officier russe de 15 ans son cadet. Mais alors qu'elle le retrouve très blessée elle accepte de l'épouser malgré tout. Par la suite, la France lui propose d'espionner pour elle en échange d'une récompense de 1 million de francs, qu'elle accepte pour s'occuper de son époux. Envoyer en mission elle éveil de nouveau des soupçons et ce fait interroger notamment pour vérifier son identité en Angleterre, mais elle prend peur et avoue être agent pour la France. Les choses ne s'améliorent pas et elle est soupçonnée, alors Mata Hari écrit une longue missive fournissant de nombreux renseignements. À son retour à Paris de Madrid, afin d'avoir sa récompense, elle n'est pas reçue.
En janvier 1917, Mata Hari ne va pas bien, elle n'a pas été payée, elle n'a pas de nouvelles de son époux, et c'est fait trahir par les services français, en conséquence elle n'a plus d'argent et doit s'installer dans des hôtels toujours moins coûteux.
Le 12 février 1917, on l'arrête et l'accuse de haute trahison. Le procès débute le 24 juillet. Les télégrammes et les messages radio présentés sont utilisés contre elle et juger aujourd'hui comme falsifiés démontrant la farce judiciaire. Le 15 octobre 1917, elle est exécutée par un peloton d'exécution près de Paris, pour espionnage en faveur de l'Allemagne.
La figure de Mata Hari a inspiré de nombreuses œuvres littéraires, cinématographiques et artistiques. Elle demeure une icône de la culture populaire, souvent représentée comme l'archétype de la femme fatale. Pourtant, son histoire réelle est celle d'une femme complexée, prise dans les tourments de son époque.
Mata Hari continue de fasciner parce qu'elle incarne les paradoxes de la guerre, de la sexualité et de la justice. Son destin tragique rappelle les dangers de la manipulation et de la fausse représentation. Aujourd'hui encore, Mata Hari est un symbole de mystère et de charme, une légende dont l'ombre plane sur le monde de l'espionnage et du spectacle.
Sources :
Mata Hari, la femme fatale victime de la Grande Guerre | National Geographic
Grande Guerre : Mata Hari, l'espionne qui n'en était pas vraiment une (france24.com)
Mata Hari | Service historique de la Défense (defense.gouv.fr)
LA VIE D'ESPIONNE DE MATA-HARI | Historia
